Déco nature, créations en bois flotté

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samedi 8 décembre 2007

Les premières créations de Pascale Marcelon

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Posté par Sami17 à 20:49 - Vos idées à l'affiche ! - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    A Flots perdus - Exposition collective mars 2008

    Exposition collective « Marcher dans le pas des glaneurs »
    Thème : Bois flottés et verres dépolis
    Organisateur : A Flots perdus
    Site : http://www.bois-flottes.com
    Exposition du 04 mars 2008 au 18 mars 2008
    Heure ouverture : 10h-12h et 14h-19h
    Dimanche et jours fériés : 10h à 18h
    Lieu : Chapelle St Anne, Place de la mairie, 13200 Arles
    Entrée libre

    8 Artistes : A Flots perdus, Heller Andréa, Imbert Jean Claude, Casier Dominique, Viaud Christian, Milhau Pierre, Jullian Christine, Bastide Jean Louis

    Aux confins… à la lisière, entre liquide et solide, ces « fragments » d’environnement sont voués à disparaître dans le corps des dunes ou sous les lits de galets. Le glaneur change le cours de leur destin.
    Expression de l’émergence, dans le paysage artistique contemporain, des matériaux naturels « Bruts de mer », cette exposition collective de 8 artistes se propose de révéler et de mettre en valeur différentes sensibilités créatrices autour des bois flottés et des verres dépolis. Occasion de partages et d’échanges, cet évènement se veut transversal, établissant des liens entre mer et continent, art et nature, patrimoine et modernité.
    Outre les bois flottés et verres dépolis, on découvrira en périphérie des œuvres, d’autres « rendus de mer » tels que métaux, minéraux…
    Porté à la lumière par les différents artistes, ce patrimoine - vecteur d’histoires énigmatiques - se métamorphose en œuvre d’art insolite accessible par tous car originellement offerte par la nature.
    Le public, au cours de sa visite dans cet univers à la fois pluriel et singulier, au rythme du sac et du ressac, marchera dans nos pas de glaneurs. Chemin faisant, il découvrira les différentes expressions artistiques, leurs richesses, le potentiel créatif de ces matières et leurs plastiques envoûtante. Il pourra comprendre cette lente résurrection dont nous sommes les témoins et qui est au cœur de notre travail sur la nature, le hasard et le temps.

    Une thématique interactive, La première sculpture collective en bois flotté.
    « A Flots perdus » et les huit artistes invités (Détails sur les artistes téléchargeables en pdf sur le site http://www.bois-flottes.com ) à présenter leurs travaux en mars 2008 sur le thème "Bois flottés et verres dépolis" proposent aux habitants du pays d’Arles de participer à l'exposition "Marcher dans le pas des glaneurs ». Ils pourront - avec leur bois flotté - créer une sculpture collective et figurer dans la galerie des portraits « Marcher dans le pas des glaneurs » en se faisant photographier dans le fauteuil en bois flotté de Mr Milhau. La sculpture et la galerie seront exposées pendant toute la durée de l’installation.

    Avec le soutien du service culturel de la ville d'Arles.

    Posté par a Flots perdus, mercredi 23 janvier 2008 à 17:51
  • L'unissonnance des vagues

    L’unissonnance des vagues

    Pour pénétrer dans ce lieu sauvage perdu aux confins de la Camargue, il faut être muni d’une carte magnétique, triste antagonisme que l’on oublie aussitôt la barrière ouverte.
    L’aventure commence par quelques kilomètres de piste sur les digues qui quadrillent les marais salants. Les oiseaux de mer, mouettes, aigrettes, cygnes, flamands, hérons, hirondelles de mer…. en multitudes de taches blanches, pullulent. Lorsque nous passons à côté d’eux, sans arrêter notre véhicule, ils se contentent - pudiques - de nous tourner le dos ; si nous nous arrêtons, ils s’envolent. Les flamands roses, les plus spectaculaires dans cet exercice aérien, emportent sous leurs ailes une palette de roses tendres et vifs qui illumine la grisaille environnante – ce gris, qu’enfant je n’aimais pas car synonyme de tristesse mais qui à mes yeux d’adulte, symbolise sérénité et beauté. Ce gris, est aujourd’hui fortement teinté d’un camaïeu de vert, la Camargue, en ce début de printemps - sous l’effet d’une pluie généreuse - est comme « lustrée » et semble renaître. Nous traversons un pont en planches puis frôlons un essaim de blockhaus, vestiges délabrés mais encore debout de la dernière guerre mondiale. Au loin, à demi-masquée par une ligne de dunes, apparaît une plage morcelée de digues aux flancs noirs, immense. Encore un petit effort - un nouveau un pont en planches, une pompe à eau hors d’usage qui servait à inonder les marais pour y récolter le sel - et nous y voilà. Une dizaine de bateaux de pêche se présentent à nous, amarrés à un port aussi minuscule que désert, nous le longeons pour aller garer notre véhicule à son extrémité. La mer est déchaînée, malgré la digue derrière laquelle nous marchons, des éclats de vagues viennent de temps à autre nous éclabousser. Une chaise en fer est posée en équilibre en bout de jetée, une photo, deux photos, nous posons chacun notre tour, puis commençons notre ballade à pied. Cette plage nous est inconnue, la découvrir pour la première fois est une sensation difficilement descriptible, quelque chose touchant à « la chasse au trésor », à la piraterie, aux pilleurs d’épaves, à l’aventure, à l’enfance, aux territoires vierges d’humain. Là, seule la trace de nos pas témoigne de notre passage, de notre existence, nous sommes les seuls, les premiers à fouler ce sable qu’à chaque passage la mer rebaptise. Le paysage est à la hauteur de nos espérances, une plage immense, immensément vide, une plage qui s’enfonce loin dans les dunes, séparée en deux par une non moins immense étendue d’eau que les vagues viennent alimenter comme autant de sources - un espace originel, épique, d’avant la création. En silence, nous avançons en nous penchant souvent sans être prédéterminés dans nos choix : certains bois flottés alourdissent nos sacs, d’autres pas. Leurs volumes, leurs volutes, la calligraphie de leurs écorces vermiculées ? Qu’importe ce qui nous interpelle en eux, nous glanons, avec à la fois mille idées en tête et le cerveau vide d’intentions, comme si l’unissonnance des vagues effaçait toute velléité de concentration. Ici, il n’est loisible que de lâcher bride, laisser ses pensées aller, vagabonder, flotter au gré du vent et des courants marins, grains de sables, grains de poussières, goutte d’eau salée, philosophie, poésie… face à la mer, l’unicité et la fragilité de notre condition humaine est prégnante, induits en sont les effets, les ressentir ne peux que rendre humble. Chemin faisant, nous rencontrons de grands arbres couchés, imposants, d’énormes troncs aux branches qui n’ont rien perdues de leurs majestés, certains à demi ensevelis dans le sable, d’autres, tels des squelettes d’animaux préhistoriques, échoués sur les digues. C’est le paradis des glaneurs ici, de nombreux bois flottés de petites et moyennes tailles, très ouvragés, s’offrent à nous, ainsi que d’autres matériaux bruts de mer : de la ferraille rougie par la rouille, des bouchons de liège devenus poreux, un antique flotteur incrusté de minuscules coquillages, un billot évidé, de la corde, un galet aux oranges fulgurants, et même une pancarte érodée que nous transportons avec son pilier incrusté de coquillages, de dunes en dunes, pour la déposer avec nos sacs sur le bord de la piste, avant de poursuivre, allégés, notre quête. Quelques minutes plus tard, la plage s’efface pour laisser place à une longue digue où il est inutile de chercher les bois. Sertis dans les blocs de rochers constamment douchés par les vagues, il est impossible de les retirer. Nous n’insistons pas et rebroussons chemin. Après avoir récupéré notre véhicule et rejoint notre lieu de stockage pour y charger notre précieuse récolte, nous décidons de changer de lieu. Destination : L’extrémité Est de la plage. Pour l’atteindre, quelques kilomètres de pistes dans les marais salants sont nécessaires. Rouler ainsi, au milieu de cet espace désertique est l’antithèse par excellence des autoroutes, agréable et reposant. Un phare bleu et blanc droit face à la mer, haut comme une montagne dans cet univers plat, cerbère du lieu, semble à lui seul incarner à la fois la fierté d’être debout dans l’adversité et le sentiment d’abandon. Des éclairs blancs par intermittentes jaillissent de son sommet de verre, les volets sont clos, la cour déserte, les dépendances aussi, plus personne n’habite en ce lieu oublié de tous, mais… qui pouvait donc vivre là ? Plus loin, sur notre passage, les flamands roses se montrent toujours aussi timides, se bornant à nous tourner le dos. Par jeu, je fais mine de m’arrêter, ils décollent alors et nous accompagnent sur quelques mètres pour un spectacle de toute beauté avant de s’éloigner définitivement. Nous roulons ainsi sans croiser âme qui vive pendant un quart d’heure jusqu’à ce que deux blocs de pierre barrent la piste et nous force à nous arrêter. Le marais s’est teinté de rose, de rouge sang par endroits ; ce qui subsiste d’un fortin moyenâgeux, une tour étêtée, quelques pans de murs en ruine, nous contemple. Nous faisons quelques pas pour grimper sur la digue qui nous sépare de la mer, la colère des flots nous surprend, la houle s’est amplifiée, un vert sombre, inquiétant a remplacé le bleu pâle ; elle paraît plus puissante, furieuse, ses coups contre les alignements de rocs sont plus lourds, plus profonds, la mer boxe, pugnace, combat sans relâche pour gagner de l’espace, envahir, s’étendre, et ne recule que pour mieux frapper, inépuisable, obstinée. Nos yeux, un instant se portent sur la gauche et oublient tout, éblouis, buvant littéralement ce qu’ils voient : Une plage inconnue, infinie, à perte de vue s’étend comme une page blanche, un nouveau monde a explorer. Le vent siffle à nos oreilles tandis que le froid s’infiltre sous nos vêtements - même si l’espoir est mince d’avoir à nouveau l’occasion de revenir sur ce site merveilleux - nous décidons d’un commun accord de rentrer.
    Pour quitter cet endroit sauvage, cette plage privée perdue au fin fond de la Camargue, nul besoin de carte magnétique, la barrière se lève seule dès le museau pointé des véhicules ; malgré nos vœux pieux de ramener un nombre limité de pièces de bois flottés, l’arrière du C15 est encombré de trésors, de petits et grands fragments que nous emportons vers une autre destinée, à l’abri de la destruction, pour notre seul plaisir.
    A Flots perdus

    Posté par A Flots perdus, lundi 28 avril 2008 à 15:51

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